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Au ras des mots.

Délecter l'essence des idées.

Musique et dialogue des âmes.

Publié le 21 Juin 2017 par Eidict Louis

Crédit: Festival de BarceloneS'il faut arriver à ne pas émettre de doute quant à une culture universelle autour de laquelle il n'y aurait ni différence de couleur ni différence sociale mais l'unicité vouée à la complaisance de l'humanité des êtres, harmonisant ainsi les rapports en traversant les temps; celle-ci ne serait autre que la musique.

J'étais, pour ainsi dire,​ tout ahuri devant ce spectacle percutant, électrisant, foudroyant titré Festival rencontres des musiques du monde, signé Institut Français d'Haïti ce samedi 17 juin.

Sept heures pm. L'air d'un gospel flottait, vite propagé tel un virus, circule dans les artères et rend le sang chaud. L'esprit dans une tentative désespérée de fidélité à la raison a lâché prise, voilà le corps s'emballe. La connexion était telle que la musique, les gens, les paroles, les lumières deviennent un tout compréhensif où l'on pouvait même toucher l'impalpable et respirer l'âme humaine dans un flottement aromatique de l'oubli de soi.

Sauf absence, nul mortel n'aurait échappé à ce moment d'anthologie, ce sermon musical poussé à la communion de l'interdit. J'ai lutté contre les instincts mais peine perdue, je suis vaincu. Dans la chaleur du spectacle, j'ai senti un regard froid et pesant me gèle. Je lève les yeux, à l'angle opposé, elle était là. Son regard persistant m'interpelle à voguer sur un littoral où seul les âmes en symbiose connaissent le langage.

Le premier pas étant franchi, difficile de résister alors je me glisse à travers ses deux boules de tendresse noire. Et voilà nos mondes se sont croisés au portail de l'indécision​. Elle m'a avoué une jeunesse ratée dans une quête effrénée à l'amour fou, une vie malheureuse alors qu'à l'abri du besoin, tout à souhait mais aussi misérable que ce clochard époux de la belle étoile, une délaissée, et ce besoin de gommer ce passé enquiquineur. Et moi de dire que je n'étais pas différent, un éternel incompris coincé entre les vertus qu'une société nous efforce d'embrasser tuant ainsi nos désirs par crainte de décevoir, un confus, un déçu que l'amour voulu refuse de serrer la main, un lâche qui a peur de tout recommencer. Ainsi s'étira le dialogue, sans mots ni gestes. S'il n'y a que le coeur à comprendre la raison du coeur, il ne saurait y avoir que l'âme à la réception du dialogue de l'âme.

Tout juste sortie de cette confession, vite elle regagna son enfer. Puisqu'il était là, ce grand gaillard que je n'ai pas remarqué lors de notre lune de l'âme, fait son irruption et la tenait ferme par la main en la conduisant dans un endroit hors porté de ma vue. Incapable de riposter, je lisais la tristesse et le ras le bol dans son regard mourant me disant une dernière fois que tout autour de moi est désert, frustration, indignation, brutalité, mal être et en attendant mon heure je n'ai que la musique comme consolation.

Eidict Louis

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