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Au ras des mots.

Au ras des mots.

Délecter l'essence des idées.

Publié le par Eidict Louis
Publié dans : #Haiti, violence, femme

Quand un pays est pris en otage par la misère, l'injustice et l'impunité, la violence devient banale. Et la banalité de cette violence précipite la souffrance, l'inégalité criante et la mort au rang de faits divers. À Haïti on constate avec effarement et consternation la propension inimaginable de l'insensibilité face à la violence inutile. On dirait que les citoyens vivent l'ombre d'eux-mêmes ou tout simplement existent mais dépouillés de leur humanité. N'est-il pas nécessaire de questionner ce comportement anti social ?

Parler ici de violence inutile soutiendrait implicitement l'existence d'une violence acceptable au point qu'elle serait utile. A ce stade, l'idée qu'elle serait mise au service de l'intérêt général et au bien-être collectif pourrait dans un sens admis. Même étant, elle prête à équivoque. Cela dépend de quel côté on se trouve. Si encore qu'il soit permis de faire la guerre pour restaurer la paix, d'exproprier quelqu'un contre son gré pour construire une institution de service Public au nom de la communauté, Cette violence pourrait s'apparenter à la lignée de violence utile. Cependant quand L'ÉTAT lui-même, garant de la liberté de chacun, est de connivence avec certains secteurs pour priver citoyens et citoyennes de la communauté du minimum vital, il n'y a pas d'autres connotations à y attribuer que de la violence inutile.

C'est en passe de devenir une routine. Qui plus est, acceptée par la conscience collective Haïtienne, à mon humble avis, en état d'hibernation. Cette violence inutile. Elle se répand tel un virus à travers les familles Haïtiennes et les différentes institutions du pays.

Le comble de la déchéance est ce silence suicidaire des uns qui résonne tel un écho. Faisant douter de la capacité du vivre ensemble d'un pays qui a fait l'histoire en plaçant l'esclavage au rang de barbarie humaine et de crime contre l'humanité. Élevant ainsi l'égalité, la liberté et l'humanisme comme Credo d'un nouvel ordre mondial.

À Haïti. Désormais on vit les revers. A commencer par ce qui devrait révulser la conscience, se trouve minimisé de plus en plus.

Lorsqu'un mari tabasse sa femme ou vice versa, peu importe la notoriété du mari ou de la femme, on essaie toujours au premier degré de trouver des explications pour excuser et culpabiliser l'un des partenaires au lieu de condamner l'acte en soi. Soit dit en passant la notion de liberté à laquelle était si chère s'effrite et emporte avec d'un côté l'humanisme, le vivre ensemble, le respect de la personne et certains droits fondamentaux.

Le niveau de passivité de l'État face à ces actes de violence bouleverse certains esprits encore éclairés par la raison. Voilà que la société civile s'en bat les pattes. Comme si l'un des éléments violentés pour la plupart du temps existe en dehors du corps social. Ce qui fait que le nivellement par le haut de la dégradation de la gente féminine à Haïti prend un chemin quasi de non-retour et en est un exemple poignant. D'ailleurs, les chansons aux succès fous sont celles qui dénigrent les femmes. Donc un terreau propice à l'élargissement de la violence faite sur celles-ci. Alors qui dit mot ?

En témoin désintéressé, on assiste tous à cette descente vertigineuse. On se plaît à être confortable tant que ce n'est pas un frère, une sœur de sang ou sa progéniture qui est touché directement par cette vague de violence. Dans les urgences des hôpitaux du pays, le spectacle relève d'un film d'horreur digne d'Hollywood. A même le sol, des corps mutilés, pataugés dans le sang gisent sous les regards vides du personnel de santé. Médecins, infirmières etc. N'en ont à rien foutre. De jeunes âmes s'envolent pour l'au-delà sans la moindre inquiétude des gens. Au final, il est urgent de dire stop ! Arrêter, s'en est trop, non à cette violence inutile au nom de la liberté, de l'humanisme et du respect de la personne humaine.

Eidict LOUIS.

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