Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Au ras des mots.

Au ras des mots.

Délecter l'essence des idées.

Publié le par Eidict Louis
Publié dans : #Société, #Haïti, Séisme, Cayes
Crédit photo : Eidict Louis (Caméra amateur).
Tôt dans la matinée du samedi 14 Aout, la terre se met à trembler au niveau du grand Sud. Un seisme de magnitude 7.2 à l'échelle Richter. L'espace d'un instant, les bâtisses se dansent sur un sol capricieux à l'aspect mouvant. Des cris et des pleurent s'élèvent au milieu de cette valse. Personne n'a su sur quel pied rester debout pendant que les mains ne cessent de flotter pour implorer la pitié de Dieu. certains édifices s'effondrent tel un chateau de carte occasionnant des milliers de morts et de sans abri.  l'avenir semble être obnubilé sous un nuage de poussière et d'incertitude.

Sillonnant la ville des Cayes, petit à petit on remarque l'ampleur des dégâts. Dexia 8, un quartier résidentiel de la ville est sévèrement touché. Les edifices encore debout sont fissurés. A vernet 2 tout le monde est sur le qui vive, les rues se sont tranchées et certaines maisons fissurees. Au bas de la ville l'affollement monte d'un cran. Des trous béants s'interposent aux différentes artères rendant la circulation moins fluide. C'est la pagaille totale pour une ville qui fête son Saint Patron :  La notre Dame.

Parmi les édifices les plus connus, l'archevêché des Cayes située à la rue Antoine Simon, l'école des soeurs Saint Michelle de Charpentier, l'hôtel Petit Pas au boulevard des Quatre chemins, l'église Sacré Coeur située à la rue Trois (3) frères rigau et une partie de l'établissement Hôtelier Le Manguier situé à Dexia sont en ruine. Et Jean Gabriel Fortuné, ancien maire de la ville des cayes et proprietaire de l'hôtel le manguier  en paie les frais. Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe au niveau de la ville. Nombreux sont ceux qui n'en croyaient pas. Pourtant au mileu des décombres le corps sans vie de Gabriel Fortuné s'allonge.

Proche de l'ancien Maire, Dupless Plymouth responsable de ses comptes réseaux explique : " quarante cinq minutes après le sinistre j'étais déjà sur les lieux de l'hôtel. En arrivant, je jette un coup d'oeil sur la position de la chambre de M. Fortuné j'ai vu qu'il n'y a pas d'espoir ce que je redoutais le plus était enfin vrai."
Face à l'insécurité qui sévit dans le pays et surtout avec le blocage de la route nationale numéro un à hauteur de Martissant empêche à bon nombre de citoyens de se rendre aux cayes pour les activités festives de la notre Dame. Ce qui aurait été une catastrophe si tout allait effectivement bon train.

"L'hôtel le Manguier en ces temps ci n'a pas été trop achalandé", Continue Dupless. Deux clients présents à l'hôtel lors du passage du séisme ont été vite transportés à l'hôpital à causes des blessures soutient-il. Cependant des petits personnels de ménages sont encore sous les décombres. Il faut ajouter après Jean Gabriel Fortuné un certain Téma a été retiré des decombres de l'hôtel.

L'un des employés les plus connus de l'hôtel, Wilson Saint Juste a été sauvé de justesse selon ce qu'il a rapporté. Tout ému il raconte sa version des faits. "C'est moi qui suis responsable d'apporter les nourritures dans cette partie du bâtiment effondré mais ce matin j'ai demandé à Guerda Pompée de les apporter et voilà qu'elle se trouve sous les decombres".

Toujours sur la route de l'aéroport Antoine Simon des Cayes à hauteur de Dexia des maisons s'agenouillent. Samuel François raconte " j'étais couché. Je devrais aller travailler à Cance tous les samedis. Après mon bain, la terre se met à trembler. J'ai du passer par une fenêtre de justesse. Vite la maison s'est effondrée".
Trois autres personnes se sont prisonnières des décombres dont un enfant. "Apres les secours, et beaucoup de pelletage l'enfant et son père ont été sauvés et amenés d'urgence à l'hôpital malheureusement la dame qui s'appelle Mirlène est décédée", Poursuit Samuel.

L'hôpital général des Cayes dépassé par les événements.

Les blessés se comptent par centaine. Et ils affluent tous au plus grand centre hospitalier de la ville. En manque d'équipements et autres infrastructures les responsables ne font qu'observer sous des regards vide ce spectacle ahurissant.  Le sol maculé de sang, des cris perçants, ça et là des morceaux de tissus couvert de sang jonchent le sol. Des patients et des blessés s'entremêlent sur la cour serum aux bras. L'ambiance relève d'un film d'horreur digne d'Hollywood. L'infirmière Kerlie Gérard fait un état des lieux : "La situation est difficile, on y attendait pas. L'hôpital est surchargé mais le personnel fera tout pour aider dans la mesure du possible". L'infirmière fait aussi appelle à tous et demande de l'aide. C'est un cri d'alarme qu'elle lance vu l'ampleur des dégâts. "L'hôpital en temps normal n'est pas équipé donc on est doublement frappé", renchérit t-elle. De son côté le directeur de l'hôpital le Dr Gede Peterson, au milieu du cahos indescriptible n'était pas en mesure de faire une évaluation du nombre de blessés. " nous avons beaucoup de blessés et des morts dit-il mais pour l'instant on essaie de mobiliser les ressources humaines afin de faire les répartitions et les triages". Ce qui veut dire, les plus graves dans la même salle, les moins graves dans une autre et les enfants séparés du lot.

Le bilan partiel du sinistre.

En date du 17 aout, La direction de la protection civile du sud dresse un bilan partiel des dégâts. Le sinsitre a fait 1941 morts. 1597 dans le sud. 205 au niveau de la Grand Anse. 137 dans les nippes. 2 dans le nord ouest. Et plus de 9900 blessés sont comptabilisés dans le Grand Sud.  Le directeur de la protection civile du Sud Sylvera Guillaume n'était pas en mesure de donner des chiffres éxact des disparus, en tout cas ils comptent par dizaine dit-il.

Le cyclone Grace ne fait pas de grâce.

Le passage du Cyclone Grace enfonce le clou dans la plaie. Par crainte de se re-trouver sous les décombres, certains préfèrent dormir à la belle étoile sous des tentes perméables que de se prélasser à l'intérieur d'une maison. Les secousses font peur et laissent des sequelles psychologiques.
Plusieurs artères de la ville etaient couvertes d'eau. La rue Prosper Faure à proximité de l'hôpital général, la rue Toussaint Louverture à hauteur de Pont Gonbo en sont des exemples. Pour le moment les citoyens craignent le pire et la DPC (direction de la protection civile) appelle à la vigilance.

Eidict Louis
Aux Cayes.
Commenter cet article